La dernière droguerie de quartier tire sa révérence à contrecoeur
Publié le samedi 13 septembre 2008 dans La Provence
La boutique de la rue Saint-Martin existait depuis le début du XXe siècle
Le
commerce de la rue Saint-Martin était une des rares drogueries
traditonnelles
à avoir traversé les décennies et survécue face aux
grandes enseignes
© Photo Cyril Hiély
Le plus lointain souvenir dont la commerçante a eu vent date de 1930. Il concerne un client qui, en allant à l'école, passait chaque jour devant l'enseigne. Frédérique Méli a adopté les lieux lorsque feu son père est devenu droguiste à Orange en 1975. Depuis 5 ans, elle a repris l'affaire. Sa boutique, c'est une image de carte postale. Un témoignage des décennies passées... La
devanture jaune constitue un véritable patrimoine local; elle plonge
les passants dans les habitudes d'antan. L'intérieur, lui, a accueilli
nombre de vauclusiens, ménagères, bricoleurs ou curieux, venus là,
chercher des produits que l'on ne trouve pas ailleurs. Plumeaux en
plumes d'oie, martinet, filet à course ou encore trichloréthylène font
partie de ses incontournables.
Un commerce acteur de la vie
économique orangeoise, mais aussi, un commerce victime d'une
jurisprudence assombrie et d'une inflation contre laquelle la droguiste
s'est toujours battue. En effet, aujourd'hui, les jours du magasin sont
comptés. Frédérique Méli est expulsée et elle attend que la préfecture
exige de fermer boutique. Triste nouvelle pour les orangeois. C'est à
contrecoeur que la droguiste quitte la rue Saint Martin. Explications.
"Lorsque mon père est décédé en 2003, j'ai hérité, en indivision avec
mes cousins, du fond de commerce que j'ai souhaité continuer à
exploiter. Pour devenir gérante, sur les conseils de ma notaire je me
suis adressée à la chambre des métiers pour voir mon nom figurer sur le
KBIS (document officiel attestant de l'existence juridique d'une
entreprise commerciale). L'erreur était commise, le papier n'était pas
valable".
Frédérique Méli a reçu la visite d'un
huissier, qui a notifié l'expulsion. Dans quelques semaines, la
droguerie n'existera plus. C'est un peu de l'Orange d'autrefois qui
disparaîtra.


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