Un nouveau fichier de police suscite colère et polémique
Un nouveau fichier policier, censé renforcer le contrôle sur les personnes qui exercent un mandat politique, syndical ou économique, est entré en vigueur le 1er juillet. Les organisations des droits de l’homme le dénoncent ainsi que de nombreuses associations professionnelles, syndicales, politiques, sociales, humanitaires, antiracistes, et des citoyens par dizaines de milliers...Ce fichier d’Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale (Edvige) a pour objectif de centraliser et d'analyser les informations relatives aux personnes qui exercent ou ayant exercé un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle quelconque au sein de la société française.
Etendu aux enfants de 13 ans, le décret permet également de faire des croisements avec d’autres sources d’informations et prend en compte les opinions politiques, la sexualité et les origines ethniques des personnes faisant l’objet d'enquête.
Levée de boucliers
"Edvige" a suscité le courroux de plusieurs organisations de défense des droits de l’homme. Plus de trois cents d’entre elles ont lancé des pétitions via Internet pour dénoncer les "atteintes graves aux libertés individuelles et à la chasse des enfants".
Mouloud Aounit, président du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), qualifie ce nouveau fichier de "liberticide et de mesure terrible pour les libertés publiques". Estimant que c’est à l’Assemblée nationale que revient la charge de voter ce genre de texte et non au gouvernement, il voit en "Edvige" une mise en place "d’une société fichée en permanence". Et de regretter une gauche "aphone, incapable de se dresser contre le rouleau compresseur idéologique de la droite".
D’autres associations s’interrogent sur l’utilité du nouveau fichier. L’association Gaylib, représentant les homosexuels de l’UMP, se demande ainsi "en quoi des données sur l’orientation sexuelle ou l’état de santé d’un individu peuvent-elles être utiles à l’information du gouvernement ou à la prévention des troubles à l’ordre public" et demande la "suspension" du nouveau fichier policier.
Le ministère de l’Intérieur tente d’apaiser les esprits.
Gérard Gachet, porte-parole du ministère de l’Intérieur cherche à rassurer toutes les associations sur d’éventuelles dérives d’"Edvige" : "Dans son avis consultatif, la Cnil [Commission nationale de l’informatique et des libertés] a émis des réserves, mais ce décret a été validé par le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative française. La Cnil pourra à tout moment contrôler, y compris de façon inopinée, le contenu de ce fichier. Tout ajout, modification ou consultation du fichier, est traçable et vérifiable par la Cnil."
"Un fichage qui ne dit pas son nom"
De son côté, l’Association des paralysés de France (APF) appelle au retrait immédiat du fichier "Edvige". "Ce fichage qui ne dit pas son nom met de fait en cause toutes les personnes qui aujourd’hui sont investies pour défendre des idées, des droits, des personnes", écrit-elle dans un communiqué rendu public lundi. Ainsi, tous les acteurs de l'association quels qu'ils soient - élus, bénévoles, salariés ou adhérents - peuvent tomber sous le coup de ce fichier, de par leur fonction ou leurs actions", s'inquiète l'association.
Pour elle, un tel fichier "s'attaque aux fondements même de la démocratie et de la citoyenneté et constitue une régression des libertés individuelles et publiques".
L'APF soutient donc le collectif "Non à Edvige" et indique avoir signé l'appel "Pour obtenir l'abandon du fichier Edvige". Edvige, acronyme pour "exploitation documentaire et valorisation de l'information générale", a suscité un tollé parmi de nombreuses organisations syndicales et de défense des droits de l'Homme.
SIGNEZ LA PÉTITION
pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE instituant le fichage systématique et généralisé, dès l’âge de 13 ans, par la police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux
Plus de 40000 signatures en 2 semaines
Au 23 juillet 2008, il y a 42174 signatures électroniques enregistrées et 310 signatures d'organisations, collectifs, partis et syndicats depuis le 10 juillet 2008


Commentaires
Orange libre le 25/07/2008 à 10:04:02De toutes façons, ce blog est suivi par la mairie d'Orange et les RG. Ils n'ont pas attendu Edvige pour surveiller ceux qui bougent ici.
Quant à ceux que vous citez, ils ne font qu'insulter ou défendre la politique de la mairie.
Attention le 25/07/2008 à 07:00:35
Tous commentaires(ou visites sur ce blog est susceptible de déboucher sur un fichage dans EDVIGE de son auteur. Si j'étais Orange toujours libre, info et compagnie, je me méfierai!
TOTO le 23/07/2008 à 14:36:57
En fait, si je comprends bien, toute personne qui ose s'occuper d'autre chose que de ces propres soucis est donc jugée dangereuse, car trop revendicatrice pour la tranquilité de la "République". A moins que nous n'ayons rien compris c'est juste pour protèger les gens trop ci trop ça, les gens hors norme quoi. Au fait c'est quoi une norme? La grisaille! Vive la diversité, la liberté, l'acceptation de la diffèrence!