Des enfants ukrainiens à la recherche d'un foyer cet été
de se refaire une santé
Chantal Lions s'est rendue en avril en Ukraine chez Ludmila et Maria qu'elle accueille tous les étés à Avignon.
© DR
Chaque année, à la veille du plein été, elle reprend
son bâton de pèlerin pour sortir de la misère près de 300 enfants
ukrainiens qui résident dans la zone de contamination de Tchernobyl.
Elle lance alors un appel aux foyers vauclusiens qui offriraient de
leur temps et de leur générosité à ces jeunes dont l'organisme a été
souillé depuis la catastrophe du 26 avril 1986…
Sylvette
Arbelet, présidente de l'association Droujba, fait venir en France, et
dans le Vaucluse, depuis dix ans, des enfants de 7 à 14 ans. 180 en
1998, 250 en 2003, ils sont désormais près de 300 depuis 2005. Des
vacances qui sentent bon la lavande, le soleil de Provence, le
dépaysement, la chaleur d'un foyer durant un mois. Mais plus que des
vacances, elles sont vitales.
Grâce aux familles d'accueil, Ludmila, Maria, Lioubov, Anastasia et les autres "repartent de France avec un taux d'irradiation qui a chuté aux trois-quarts",
commente Sylvette. La recette miracle est simple: une alimentation
riche en produits laitiers, en fruits et légumes frais, et en poissons.
"Le césium, cette matière radioactive de longue durée qui
prend la place des défenses immunitaires, se trouve lentement chassé
par les voies naturelles. Et en se nourrissant de produits sains, les
enfants reconstituent leurs défenses."
Une alimentation
saine qui pallie en même temps les carences dues à la malnutrition. Un
répit d'un mois pour mieux faire face à l'hiver prochain. Ce sont des
enfants en sursis ou qui échapperont peut-être à la maladie à l'âge
adulte. "Les cancers du sein pour les femmes, de l'intestin et du poumon pour les hommes sont très répandus dans ces zones irradiées," atteste Sylvette. Grâce à Droujba, depuis dix ans, 2521 enfants ont été accueillis en France.
Baisse des subventions
Son sérieux lui a d'ailleurs valu, le 3 octobre 2007, un agrément des
ministères de l'Intérieur, des Affaires étrangères, de la Santé et du
Travail qui dispense l'association et les familles des formalités pour
les étrangers accueillis en France. Cet élan de solidarité en faveur
des enfants risque cependant d'être freiné par un autre paramètre: les
aides financières.
"Elles nous sont indispensables pour
faire voyager les enfants résidant dans les zones les plus pauvres,
notamment celle de Chipovichi. Le Département pourrait descendre sa
subvention de 3000 à 2000€ et le CEA de Cadarache diviser la sienne par
deux pour passer de 6500 à 3250€. Pour les subventions municipales, on
arrive à réunir 2000€. Je vois un avenir sombre pour ces enfants… Si on
ne nous aide plus, on devra en diminuer le nombre…" regrette Sylvette.
Dès le 1er juillet, les premiers cars d'enfants en provenance de
Chipovichi et de Kiev arriveront en Vaucluse. L'association manque
encore de familles pour les accueillir. Si vous souhaitez faire le
bonheur d'une tête blonde durant un mois, c'est le moment.
Contact
Sylvette Arbelet : 04 90 72 86 78
Adhésion : 37€. Assurance : 30€.
Publié le jeudi 22 mai 2008 dans le journal La Provence


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