Lycéens : mobilisation forte à Paris, faible partout ailleurs
Les lycéens protestent contre la suppression annoncée de 11.200 postes d'enseignants à la rentrée prochaine. Plusieurs milliers de lycéens et de professeurs ont manifesté dans les rues parisiennes jeudi 27 mars. Un mouvement qui semble s'étendre autour de la capitale, mais qui n'a été que très peu suivi dans les villes de province."Non, non, non aux suppressions de postes,
lycéens en lutte contre la casse de l'Education"!
Derrière la banderole, 4.600 personnes selon la police, 6.000 selon la Fidl, le principal syndicat lycéen, ont sillonné les rues de Paris. Principalement des lycéens, soutenus par quelques-uns de leurs professeurs. Les enseignants de l'académie de Créteil, notamment, étaient ainsi appelés à faire grève.
Si le mouvement semble s'étendre en banlieue parisienne, il n'a pas beaucoup mobilisé en province. Jeudi, il y avait seulement une centaine de lycéens dans les rues de Lyon, une dizaine seulement à Marseille.
Pour autant, la Fidl et l'UNL (Union Nationale Lycéenne) ne comptent pas s'arrêter là. Entrés la semaine dernière par surprise dans le mouvement de protestation des personnels contre la réduction des moyens, les lycéens sont appelés à une nouvelle journée de mobilisation mardi prochain. Leurs syndicats, qui veulent "amplifier le mouvement", appellent les enseignants à se joindre à eux.
Les lycéens demandent - comme les syndicats de personnels - un "collectif budgétaire" pour "rétablir" les postes supprimés, ainsi que l'abandon de la réforme du bac professionnel.
"On appelle à une manifestation de lycéens dans toute la France mardi contre les suppressions de postes", a assuré la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl). "Avec le succès d'aujourd'hui, on a franchi un cran dans l'ampleur de la mobilisation", a affirmé de son côté Léo Moreau, vice-président de l'Union nationale lycéenne (UNL).
"Je veux dire à ces lycéens qui manifestent qu'à la rentrée prochaine, ils retrouveront le même service public", a promis
M. Darcos.
"Dans les trois dernières années, dans les lycées, nous avons perdu 145.000 élèves et le retrait de 3.500 postes n'est pas de nature à rompre complètement l'équilibre du service public", a-t-il répété.
"Dans l'école primaire", qui n'est pas concernée par l'actuelle mobilisation pour les postes, "c'est la même chose" .../...
"Nous avons perdu 200.000 élèves dans les 20 dernières années et pourtant nous avons créé 12.000 postes", sans obtenir selon lui de meilleurs résultats. "Il ne faut pas toujours chercher des moyens, il faut chercher des résultats, nous devons réformer", a-t-il encore insisté, regrettant que "d'une manière générale, on entend parler que d'une chose :
des postes".
À la rentrée 2008, 11.200 suppressions de postes sont prévues dans l'Éducation nationale, essentiellement dans les collèges et les lycées.
Jeudi 27, des chercheurs, les quatre principaux syndicats et des associations éducatives ont lancé un appel à Xavier Darcos pour qu'il
«suspende» son projet de nouveaux programmes du primaire.
«Loin d'être plus ambitieux comme vous l'annonciez, il marque un appauvrissement sans précédent des apprentissages et des objectifs, à commencer par la lecture et l'écriture», écrivent les signataires, dont Philippe Mérieu, François Dubet, Claude Lelièvre, ou encore Jean-Marc Moirant de la Ligue de l'Enseignement.
Commentaires
Orange Libre le 03/04/2008 à 18:16:06
«On ne remplace pas un prof avec quelques heures de soutien»
Pour la troisième fois en une semaine les lycéens descendent dans la rue aujourd'hui à Paris. Hannah Boisson, de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl ), assure que le mouvement contre les suppressions de postes va continuer.
Recueilli par Cordélia Bonal - LIBERATION.FR : jeudi 3 avril 2008
Vous espérez être bientôt reçus par le ministre de l'Education Xavier Darcos. Que lui demandez-vous?
Nous lui demandons d'abord qu'il retire les 11.200 suppressions de postes prévues à la rentrée 2008. Nous dénonçons aussi le fait que ce soit les banlieues qui, une fois de plus, sont les plus visées. Le ministre justifie les suppressions de postes par l'évolution démographique qui entraîne la baisse du nombre d'élèves. Mais au contraire, cela devrait être l'occasion de désengorger les classes, aujourd'hui surchargées, en maintenant le même nombre de postes d'enseignants. On nous dit aussi que les suppressions de postes seront compensées par l'augmentation des heures supplémentaires. Mais on ne remplace pas un poste avec quelques heures de soutien en plus. Enfin, nous protestons contre la généralisation du bac pro en trois ans, qui reviendrait à dévaloriser totalement cette filière, déjà peu considérée.
Avec l'approche des vacances et du bac, ne craignez-vous pas un essoufflement de la mobilisation?
Il est vrai qu'à l'approche du bac certains risquent de se démobiliser. Mais pour le moment, la mobilisation prend de l'ampleur. Nous étions entre 4000 et 6000 jeudi dernier, entre 10.000 et 15.000 mardi, et nous espérons être encore davantage cet après-midi. Entre 70 et 80 lycées sont bloqués en région parisienne. Quant aux vacances, ce sera au contraire l'occasion de poursuivre la mobilisation. Ce mouvement a commencé il y a plusieurs semaines, il y a des actions tous les jours dans les lycées ou devant les rectorats. Les lycéens sont bien conscients de ce que les suppressions de postes signifient pour eux, ils veulent continuer et, tant que le gouvernement ne cèdera pas, le mouvement se poursuivra.
Les enseignants, qui ont initié le mouvement mi-février, sont maintenant largement minoritaires dans les manifestations. Pourquoi?
Nous avons un but commun avec les enseignants et nous menons beaucoup d'actions de concert. D'ailleurs, il y avait beaucoup d'enseignants dans la rue avec nous mardi. Mais d'une manière générale ils mènent leur mobilisation de leur côté et nous du nôtre. Il est important pour nous de montrer que nous ne sommes pas manipulés, comme certains voudraient le faire croire. Nous savons pourquoi nous sommes dans la rue. Nous sommes directement concernés et nos petits frères le seront davantage encore si le ministre continue sur cette voie.
aticle complet sur Libération.fr :
www.liberation.fr/actualite/societe/319157.FR.php
Orange Libre le 01/04/2008 à 10:24:09
Lycées : Darcos ne revient pas sur les suppressions de postes
Alors que les lycéens défilent aujourd'hui (mardi 01/04) contre les suppressions de postes d'enseignants, le ministre de l'Education dénonce «le discours alarmiste et mensonger de certains syndicats».
Aux lycéens qui s'apprêtaient mardi à battre le pavé, Xavier Darcos a opposé une fin de non recevoir. Le ministre de l'Education Nationale se montre catégorique: «Nous ne reviendrons pas sur ces suppressions, même si je le voulais, je ne peux pas: elles ont été largement discutées depuis août, et votées en novembre. Nous ne renouvelons pas 8.830 emplois de professeurs, sur 900.000, puisque démographiquement, nous avons perdu 145.000 collégiens et lycéens en trois ans». Un retour en arrière est impossible. « La qualité des cours ne dépend pas du nombre de professeurs. Malgré un des meilleurs taux d'encadrement au monde, un prof pour 12 lycéens, on perd des places dans les classements mondiaux», avance l'ancien maire de Périgueux qui se dit prêt à discuter avec les syndicats des «vrais défis» du lycée.
Commentaires
Orange Libre le 03/04/2008 à 18:16:06«On ne remplace pas un prof avec quelques heures de soutien»
Pour la troisième fois en une semaine les lycéens descendent dans la rue aujourd'hui à Paris. Hannah Boisson, de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl ), assure que le mouvement contre les suppressions de postes va continuer.
Recueilli par Cordélia Bonal - LIBERATION.FR : jeudi 3 avril 2008
Vous espérez être bientôt reçus par le ministre de l'Education Xavier Darcos. Que lui demandez-vous?
Nous lui demandons d'abord qu'il retire les 11.200 suppressions de postes prévues à la rentrée 2008. Nous dénonçons aussi le fait que ce soit les banlieues qui, une fois de plus, sont les plus visées. Le ministre justifie les suppressions de postes par l'évolution démographique qui entraîne la baisse du nombre d'élèves. Mais au contraire, cela devrait être l'occasion de désengorger les classes, aujourd'hui surchargées, en maintenant le même nombre de postes d'enseignants. On nous dit aussi que les suppressions de postes seront compensées par l'augmentation des heures supplémentaires. Mais on ne remplace pas un poste avec quelques heures de soutien en plus. Enfin, nous protestons contre la généralisation du bac pro en trois ans, qui reviendrait à dévaloriser totalement cette filière, déjà peu considérée.
Avec l'approche des vacances et du bac, ne craignez-vous pas un essoufflement de la mobilisation?
Il est vrai qu'à l'approche du bac certains risquent de se démobiliser. Mais pour le moment, la mobilisation prend de l'ampleur. Nous étions entre 4000 et 6000 jeudi dernier, entre 10.000 et 15.000 mardi, et nous espérons être encore davantage cet après-midi. Entre 70 et 80 lycées sont bloqués en région parisienne. Quant aux vacances, ce sera au contraire l'occasion de poursuivre la mobilisation. Ce mouvement a commencé il y a plusieurs semaines, il y a des actions tous les jours dans les lycées ou devant les rectorats. Les lycéens sont bien conscients de ce que les suppressions de postes signifient pour eux, ils veulent continuer et, tant que le gouvernement ne cèdera pas, le mouvement se poursuivra.
Les enseignants, qui ont initié le mouvement mi-février, sont maintenant largement minoritaires dans les manifestations. Pourquoi?
Nous avons un but commun avec les enseignants et nous menons beaucoup d'actions de concert. D'ailleurs, il y avait beaucoup d'enseignants dans la rue avec nous mardi. Mais d'une manière générale ils mènent leur mobilisation de leur côté et nous du nôtre. Il est important pour nous de montrer que nous ne sommes pas manipulés, comme certains voudraient le faire croire. Nous savons pourquoi nous sommes dans la rue. Nous sommes directement concernés et nos petits frères le seront davantage encore si le ministre continue sur cette voie.
aticle complet sur Libération.fr : www.liberation.fr/actualite/societe/319157.FR.php
Orange Libre le 01/04/2008 à 10:24:09
Lycées : Darcos ne revient pas sur les suppressions de postes
Alors que les lycéens défilent aujourd'hui (mardi 01/04) contre les suppressions de postes d'enseignants, le ministre de l'Education dénonce «le discours alarmiste et mensonger de certains syndicats».
Aux lycéens qui s'apprêtaient mardi à battre le pavé, Xavier Darcos a opposé une fin de non recevoir. Le ministre de l'Education Nationale se montre catégorique: «Nous ne reviendrons pas sur ces suppressions, même si je le voulais, je ne peux pas: elles ont été largement discutées depuis août, et votées en novembre. Nous ne renouvelons pas 8.830 emplois de professeurs, sur 900.000, puisque démographiquement, nous avons perdu 145.000 collégiens et lycéens en trois ans». Un retour en arrière est impossible. « La qualité des cours ne dépend pas du nombre de professeurs. Malgré un des meilleurs taux d'encadrement au monde, un prof pour 12 lycéens, on perd des places dans les classements mondiaux», avance l'ancien maire de Périgueux qui se dit prêt à discuter avec les syndicats des «vrais défis» du lycée.