Retour sur le scrutin orangeois (1)
Quelques jours après le verdict du 9 mars, il est instructif de se pencher sur l’analyse des scores obtenus par les différents candidats. La question principale que nous nous sommes posés est la suivante : d’où proviennent les suffrages obtenus le 9 mars, en se basant sur les résultats de la Présidentielle 2007 et des Législatives 2007 à Orange ? Tout d’abord, considérons les chiffres de la participation. Il y avait environ 14500 suffrages exprimés à chacun des 2 tours de la Présidentielle et seulement 11900 le 9 mars, ce qui veut dire en clair que 18 % des personnes qui s’étaient exprimées aux Présidentielles ne se sont pas senties concernées par l’enjeu des Municipales orangeoises.
Au 2e tour des Présidentielles, S. Royal avait obtenu 4790 voix. Le 9 mars, la liste Gatel a obtenu 2600 voix, soit un déficit de 2190 voix par rapport au score de S. Royal. On peut logiquement déduire que ce déficit s’explique en partie par l’abstention : en retenant le chiffre de 18 % cité plus haut, il y aurait alors environ 860 électeurs de S. Royal qui se seraient abstenus le 9 mars. Il resterait donc environ 1330 électeurs qui ne se sont pas abstenus et qui n’ont pas voté pour la liste Gatel.
Pour ces électeurs, il n’y avait pas de contexte particulièrement favorable à se tourner vers la liste Vielfaure car le candidat était peu connu localement et la tendance nationale était hostile à l’UMP. On peut cependant supposer qu’environ 10 % de ces électeurs, soit environ 130, ont voté pour la liste Vielfaure étant donné qu’il y avait la présence de représentants du MODEM sur cette liste.
En considérant les différents points de l’analyse ci-dessus, il y aurait donc très vraisemblablement environ 1200 électeurs qui ont voté pour S. Royal le 8 mai 2007 et qui ont voté pour la liste Bompard le 9 mars 2008.
Ce chiffre peut paraître trop élevé à première vue, mais l’importance d’un électorat « de gauche » votant pour J. Bompard est confirmée par les résultats des Législatives 2007.
En effet, au cours de cette élection en juin 2007, J. Bompard avait été éliminé du 2e tour à cause de son score trop faible sur l’ensemble de la circonscription. Il était cependant arrivé en tête à Orange avec 4160 voix, alors que le candidat du FN avait obtenu 380 voix. Les résultats du 2e tour des Législatives à Orange avaient montré que :
T. Mariani n’avait pas du tout fait le plein des voix « Bompard + FN », son score n’étant amélioré que de 2100 voix par rapport au 1er tour,
Les abstentions étaient en hausse de 1800 par rapport au 1er tour,
Le candidat du PS avait obtenu environ 800 voix de plus que le total « gauche + moitié du MODEM » du 1er tour.
On peut estimer qu’il y avait donc eu, au cours des Législatives 2007, entre 500 et 800 électeurs qui avaient voté J. Bompard au 1er tour et PS au 2e tour.
Pour résumer toutes ces considérations, le panel des électeurs orangeois ayant choisi S. Royal le 8 mai 2007 se déclinerait de la façon suivante lors du scrutin des Municipales du 9 mars 2008 :
Liste Gatel : 50 à 55 %
Liste Vielfaure : 2 à 5 %
Liste Bompard : 20 à 25 %
Abstention : 15 à 20 %.
Les premiers enseignements à tirer de ces différents chiffres semblent être les suivants :
- Il y a eu une faible mobilisation des électeurs « de gauche » le 9 mars,
- La personnalité de J. Bompard a attiré à lui une frange très importante de cet électorat,
- Les nombreuses critiques sur la gestion municipale n’ont eu aucun impact sur le résultat du scrutin.
Nous proposerons dans une seconde partie la suite de l’analyse du scrutin orangeois.
Georges
Commentaires
sirra le 26/03/2008 à 20:53:37
Slam, vous avez raison le parallèle est saisissant.
Orange Libre le 25/03/2008 à 18:00:01
Aujourd'hui, la baisse du chomage est basée sur 2 critères :
- la création d'emplois non choisis, précaires ou à temps partiel.
- la radiation de demandeurs d'emploi non rémunérés ou non obligés d'en trouver (personnes proches de a retraite)
Je ne connais pas les chiffres orangeois, mais vu le peu (ou l'absence) d'implantation d'entreprise, on peut se douter de la direction de la courbe.
Un maire ne peut pas tout, c'est vrai. Mais lorsque le notre favorise l'implantation de grandes surfaces destructrices de petits commerce, ça va dans le sens de la courbe nationale (1 emploi de grande surface remplace 3 emplois de commerce de centre ville).
Rien n'est fait pour attirer des entreprises, donner une image dynamique à l'extérieur.
Il faut un vrai programme de revitalisation d'Orange, faute de quoi, ce sera une maison de retraite à ciel ouvert, plus de jeunes ni d'actifs, partis chercher ailleurs de quoi manger!
Orange ville dortoir, sans âme ni passion.
SLAM le 24/03/2008 à 10:32:10
Le chômage en augmentation (quoiqu'en disent les chiffres), un pouvoir d'achat en berne,une situation internationale chancelante...La situation est similaire à celle des années 30 qui a amené le fachisme et la guerre.
Chaque fois qu'il y a situation similaire, il y a montée des extrêmes...
Il est tant que les "vrais" républicains se réveillent !!
sirra le 23/03/2008 à 23:32:38
Je ne m'intéresse pas à l'analyse politique mais que l'opposition soit sur le terrain pendant tout un mandat, bien sûr que oui, il faut absolument.
Il y a eu un sacré blème dans les dernières élections, les résultats du 9 mars semblent surréalistes et ceux du 16 encore plus !
En effet, je ne suis pas parvenu à comprendre comment un conseiller général qui n'a rien fait peut être réélu brillamment !!!
En tout cas à présent la plus extrême des droites a dans son giron 2 mairies d'importance dans le Nord Vaucluse et placé un conseiller municipal dans la ville de Camaret en la personne du conseiller municipal monsieur de Beauregard.
(Connaissiez-vous ce monsieur ? Y a t-il longtemps qu'il est Orange ou/et en Vaucluse ?)
Je trouve particulièrement inquiétant qu'une telle mouvance parvienne à accroitre son pouvoir alors que le contexte politique français est déjà si dur.
SLAM le 21/03/2008 à 18:32:20
Le repport de voix est peut-être simplement du à une "proximité".
En effet, JB est déjà sur le terrain et multiplie les travaux et les visites de quartiers au moment des élections.
Les 3 autres listes ne se sont fait connaître aux électeurs qu'aux environs du mois de novembre. Trop tard !!
Il paraîtrait que le Vaucluse n'aime pas les parachutés, et même si Benlian et Gatel sont du coin, où étaient-ils durant les 7 dernières années ?
Quant à Vielfaure, il est peut-être marié à une orangeoise, mais qui le connaissait avant ?
A méditer pour plus tard. LE TERRAIN, LE TERRAIN ET ENCORE LE TERRAIN !!
Orange Libre le 20/03/2008 à 19:47:07
Rich
"Driey et Vielfaure n'ont pas su profiter de la stature de Mariani."
Juste une question à laquelle de nombreux Orangeois connaissent la réponse.
Pensez-vous que T. Mariani ait un intérêt à voir une personne UMP forte à Orange? Imaginez un Vielfaure fort, charismatique, présent, actif, bref un homme politique comme on les apprécie...
Cette personne devient Maire, renforce son image de leader UMP, ... et se présente aux législatives!
Vous avez là une réponse qui court les rues, les boulevards et les routes de campagne d'Orange.
Vous n'êtes sans connaître le déficit d'image de T. Mariani à cause de ses positions sur les tests ADN, une absence sur le terrain. Mettre en face un actif serait suicidaire.
Rich le 20/03/2008 à 19:30:52
Dernier commentaire sur les personnalités,
Il y a deux "hommes forts" sur Orange Bompard et Mariani.
Driey et Vielfaure n'ont pas su profiter de la stature de Mariani. Mais Vielfaure a son avenir politique devant lui.
Il n'y a pas eu d'effet Gatel qui ne fait pas mieux que Meffre ou Haloui.
Enfin, j'ai accolé l'étiquette "extrême droite" à Bompard, mais si l'on se réfère aux présidentielles son électorat est décomposé de la façon suivante:
extrême droite 30%
UMP 39%
Gauche + MODEM 31%
Rich le 20/03/2008 à 18:29:14
Précisions,
Mon analyse a bien entendu été effectuée sur la ville d'Orange tant pour les présidentielles que pour les législatives et les cantonales.
Et enfin, je n'ai pas l'ambition de détenir la vérité et je suis ouvert à toute critique.
Rich le 20/03/2008 à 18:19:11
Raisonnement différent, mais conclusion proche.
Aux présidentielles, je préfère utiliser le 1er tour et non le second qui est réducteur (les anti-sarko ou les anti-ségo sont dans tous les camp) et les pourcentages:
Extrême droite 23% (nationale, pas d'effet Bompard)
UMP 36%
MODEM 15%
Gauche "unie" 26%
On passe aux législatives:
Extrême droite 43% (effet Bompard)
UMP 31%
MODEM 5%
Gauche "unie" 20%
En première analyse, on peut considérer que Bompard fait gagner 20% à l'extrême droite, qu'il prend à l'UMP qui résiste bien (-5%), à la gauche "unie" qui cède plus (-6%) et surtout au MODEM qui s'évapore (-10%) soit 2/3 de son électorat.
Aux cantonales (par entraînement des municipales d'ailleurs), c'est maintenant au tour de l'UMP de s'effondrer au bénéfice encore de Bompard:
Extrême droite 61% (+18%)
UMP 16% (-15% soit 50% de son électorat)
MODEM 6% (stable +1%)
Gauche "unie" 17% (faible perte -3%)
Aux municipales, l'UMP cède encore par l'effet Benlian qui ne siphonne pas Bompard, mais justement l'UMP.
Extrême-droite 66%
UMP 12%
Gauche "unie" 22% (récupère le MODEM vraisemblablement)
Il est difficile de donner une étiquette aux absentionnistes, je m'en suis donc gardé.
Pour moi, les électeurs "de gauche" plus le MODEM ont voté massivement Bompard dès les législatives 2007 (40% des électeurs du 1er tour des présidentielles ayant voté gauche ou MODEM ont voté Bompard au 1er tour des législatives). Ensuite le pourcentage est stable.
Ensuite, aux cantonales-municipales ce sera le tour des électeurs de la droite modérée d'être attirés par l'image du bon maire. Il y a manifestement eu un effet d'entraînement mécanique des municipales sur les cantonales.
Conclusion (proche de celle de Georges)
- Bompard attire tout le monde jusqu'aux socialistes en passant par le MODEM et bien entendu l'UMP. Plus l'élection est locale, plus il pèse. Mariani résiste bien par sa stature de député confirmé. Pour combien de temps?
- Les électeurs se moquent des critiques sur la gestion municipale et de la personnalité discutable du maire.
- Le MODEM a du mal à exister en dehors de l'élection nationale.
Commentaires
sirra le 26/03/2008 à 20:53:37Slam, vous avez raison le parallèle est saisissant.
Orange Libre le 25/03/2008 à 18:00:01
Aujourd'hui, la baisse du chomage est basée sur 2 critères :
- la création d'emplois non choisis, précaires ou à temps partiel.
- la radiation de demandeurs d'emploi non rémunérés ou non obligés d'en trouver (personnes proches de a retraite)
Je ne connais pas les chiffres orangeois, mais vu le peu (ou l'absence) d'implantation d'entreprise, on peut se douter de la direction de la courbe.
Un maire ne peut pas tout, c'est vrai. Mais lorsque le notre favorise l'implantation de grandes surfaces destructrices de petits commerce, ça va dans le sens de la courbe nationale (1 emploi de grande surface remplace 3 emplois de commerce de centre ville).
Rien n'est fait pour attirer des entreprises, donner une image dynamique à l'extérieur.
Il faut un vrai programme de revitalisation d'Orange, faute de quoi, ce sera une maison de retraite à ciel ouvert, plus de jeunes ni d'actifs, partis chercher ailleurs de quoi manger!
Orange ville dortoir, sans âme ni passion.
SLAM le 24/03/2008 à 10:32:10
Le chômage en augmentation (quoiqu'en disent les chiffres), un pouvoir d'achat en berne,une situation internationale chancelante...La situation est similaire à celle des années 30 qui a amené le fachisme et la guerre.
Chaque fois qu'il y a situation similaire, il y a montée des extrêmes...
Il est tant que les "vrais" républicains se réveillent !!
sirra le 23/03/2008 à 23:32:38
Je ne m'intéresse pas à l'analyse politique mais que l'opposition soit sur le terrain pendant tout un mandat, bien sûr que oui, il faut absolument.
Il y a eu un sacré blème dans les dernières élections, les résultats du 9 mars semblent surréalistes et ceux du 16 encore plus !
En effet, je ne suis pas parvenu à comprendre comment un conseiller général qui n'a rien fait peut être réélu brillamment !!!
En tout cas à présent la plus extrême des droites a dans son giron 2 mairies d'importance dans le Nord Vaucluse et placé un conseiller municipal dans la ville de Camaret en la personne du conseiller municipal monsieur de Beauregard.
(Connaissiez-vous ce monsieur ? Y a t-il longtemps qu'il est Orange ou/et en Vaucluse ?)
Je trouve particulièrement inquiétant qu'une telle mouvance parvienne à accroitre son pouvoir alors que le contexte politique français est déjà si dur.
SLAM le 21/03/2008 à 18:32:20
Le repport de voix est peut-être simplement du à une "proximité".
En effet, JB est déjà sur le terrain et multiplie les travaux et les visites de quartiers au moment des élections.
Les 3 autres listes ne se sont fait connaître aux électeurs qu'aux environs du mois de novembre. Trop tard !!
Il paraîtrait que le Vaucluse n'aime pas les parachutés, et même si Benlian et Gatel sont du coin, où étaient-ils durant les 7 dernières années ?
Quant à Vielfaure, il est peut-être marié à une orangeoise, mais qui le connaissait avant ?
A méditer pour plus tard. LE TERRAIN, LE TERRAIN ET ENCORE LE TERRAIN !!
Orange Libre le 20/03/2008 à 19:47:07
Rich
"Driey et Vielfaure n'ont pas su profiter de la stature de Mariani."
Juste une question à laquelle de nombreux Orangeois connaissent la réponse.
Pensez-vous que T. Mariani ait un intérêt à voir une personne UMP forte à Orange? Imaginez un Vielfaure fort, charismatique, présent, actif, bref un homme politique comme on les apprécie...
Cette personne devient Maire, renforce son image de leader UMP, ... et se présente aux législatives!
Vous avez là une réponse qui court les rues, les boulevards et les routes de campagne d'Orange.
Vous n'êtes sans connaître le déficit d'image de T. Mariani à cause de ses positions sur les tests ADN, une absence sur le terrain. Mettre en face un actif serait suicidaire.
Rich le 20/03/2008 à 19:30:52
Dernier commentaire sur les personnalités,
Il y a deux "hommes forts" sur Orange Bompard et Mariani.
Driey et Vielfaure n'ont pas su profiter de la stature de Mariani. Mais Vielfaure a son avenir politique devant lui.
Il n'y a pas eu d'effet Gatel qui ne fait pas mieux que Meffre ou Haloui.
Enfin, j'ai accolé l'étiquette "extrême droite" à Bompard, mais si l'on se réfère aux présidentielles son électorat est décomposé de la façon suivante:
extrême droite 30%
UMP 39%
Gauche + MODEM 31%
Rich le 20/03/2008 à 18:29:14
Précisions,
Mon analyse a bien entendu été effectuée sur la ville d'Orange tant pour les présidentielles que pour les législatives et les cantonales.
Et enfin, je n'ai pas l'ambition de détenir la vérité et je suis ouvert à toute critique.
Rich le 20/03/2008 à 18:19:11
Raisonnement différent, mais conclusion proche.
Aux présidentielles, je préfère utiliser le 1er tour et non le second qui est réducteur (les anti-sarko ou les anti-ségo sont dans tous les camp) et les pourcentages:
Extrême droite 23% (nationale, pas d'effet Bompard)
UMP 36%
MODEM 15%
Gauche "unie" 26%
On passe aux législatives:
Extrême droite 43% (effet Bompard)
UMP 31%
MODEM 5%
Gauche "unie" 20%
En première analyse, on peut considérer que Bompard fait gagner 20% à l'extrême droite, qu'il prend à l'UMP qui résiste bien (-5%), à la gauche "unie" qui cède plus (-6%) et surtout au MODEM qui s'évapore (-10%) soit 2/3 de son électorat.
Aux cantonales (par entraînement des municipales d'ailleurs), c'est maintenant au tour de l'UMP de s'effondrer au bénéfice encore de Bompard:
Extrême droite 61% (+18%)
UMP 16% (-15% soit 50% de son électorat)
MODEM 6% (stable +1%)
Gauche "unie" 17% (faible perte -3%)
Aux municipales, l'UMP cède encore par l'effet Benlian qui ne siphonne pas Bompard, mais justement l'UMP.
Extrême-droite 66%
UMP 12%
Gauche "unie" 22% (récupère le MODEM vraisemblablement)
Il est difficile de donner une étiquette aux absentionnistes, je m'en suis donc gardé.
Pour moi, les électeurs "de gauche" plus le MODEM ont voté massivement Bompard dès les législatives 2007 (40% des électeurs du 1er tour des présidentielles ayant voté gauche ou MODEM ont voté Bompard au 1er tour des législatives). Ensuite le pourcentage est stable.
Ensuite, aux cantonales-municipales ce sera le tour des électeurs de la droite modérée d'être attirés par l'image du bon maire. Il y a manifestement eu un effet d'entraînement mécanique des municipales sur les cantonales.
Conclusion (proche de celle de Georges)
- Bompard attire tout le monde jusqu'aux socialistes en passant par le MODEM et bien entendu l'UMP. Plus l'élection est locale, plus il pèse. Mariani résiste bien par sa stature de député confirmé. Pour combien de temps?
- Les électeurs se moquent des critiques sur la gestion municipale et de la personnalité discutable du maire.
- Le MODEM a du mal à exister en dehors de l'élection nationale.