le repos dominical, source de cohésion sociale ?
Non au travail du Dimanche.La gestion sociale du temps est confrontée elle aussi aux limites humaines. Les projets de dérogations nombreuses et légales au repos dominical s'inscrivent dans la perspective des mutations de notre société vers une norme du rendement maximum sans mesurer assez les coûts humains des changements envisagés. Nous n'oublions pas que déjà un nombre important de nos concitoyens est astreint au travail dominical, notamment dans certains services publics. Mais précisément, il s'agit d'une astreinte en faveur du service de tous. Etendre cette astreinte par une possibilité laissée au « libre choix » se réfère à un autre mobile : développer le rendement d'un certain nombre de secteurs d'activités économiques et miser sur l'appât du gain pour convaincre.
Gagner plus doit-il devenir le principal objectif de l'existence ?
Le Dimanche correspond à une halte bienfaitrice dans nos vies trépidantes. Un temps pour rencontrer les autres, s'investir, participer, tisser des liens sociaux.
Le dimanche est aussi le jour d'une vie familiale plus intense et plus riche. Comment peut-on souhaiter que le tissu familial soit plus riche et plus structurant pour la vie sociale, si chacun des membres de la famille est retenu ailleurs par son travail ?
Est-il normal que pour gagner honnêtement sa vie on soit invité à renoncer à la qualité de la vie ? Si des dispositions législatives généralisaient le champ du travail dominical, les dommages humains et sociaux qui en découleraient seraient sans commune mesure avec le profit économique qui peut en résulter. Ce serait une mesure supplémentaire dans la déstructuration de notre vie collective qui toucherait toutes les classes sociales et tous les âges du bébé au retraité. Les bébés, les jeunes enfants sont déjà bien perturbés par le rythme de vie qu'on leur impose. Les enseignant les éducateurs constatent d'année en année une dégradation dans l'attention la concentration des enfants qu'on leur confie. Les personnes âgés sont bien souvent oubliés et quelques fois finissent tristement leur vie dans une maison de retraite( cf "on achève bien nos vieux" Par J Charles ESCRIBANO, édition Oh). Aujourd'hui, selon le sociologue David Le Breton, nos ados sont en grandes souffrances, 1 sur 5 a une conduite à risque, compromettant sa vie mentale et physique.
Notre société, en oubliant de donner à tous et à chaque âge une place, sa place, déstabilise son équilibre et cours vers sa perte. Il est illusoire de croire qu'accepter de travailler le dimanche permettra à certains de gagner mieux leur vie et à d'autres de mieux et plus consommer. Ce ne peut être qu'un effet éphémère. Il suffit de se retrouver seul, ou sans travail ou sans projet pour éprouver un vide et donc reconnaître le bon sens de cette halte dominicale des liens qu'elle permet.
Ne nous trompons pas d'objectif, réussir notre vie ne se reduit pas à gagner plus ou consommer plus. Banaliser le travail du dimanche ne résoudra pas nos soucis tout au contraire. Nous sommes avant tout des humains et non des machines.
chapy chapo


Commentaires
sirra le 04/12/2008 à 23:19:11Et en gestation au niveau européen la durée limite du temps de travail qui semble vouloir être fixée à 48 h travaillées par semaine.
Merci à vous de rectifier si j'ai mal lu ou compris ce projet.
Régine PELLEGRIN le 03/12/2008 à 22:29:02
Et si, progressivement, après avoir supprimé les 35 heures, l'objectif du gouvernement était de rayer de la carte un des deux jours de congés (samedi ou dimanche) pour revenir à une semaine de 6 jours travaillés, soit 42 heures hebdo ou plus, si vous le valez bien !
VIGILANCE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Aujourd'hui, le vote pour nos représentants syndicaux n'était pas anodin ou pauvre de sens !
Depuis la mise en place des dernières réformes, c'est la refonte de la législation du travail qui est en ligne de mire !
Rappelez-vous : la nouvelle mouture du code du travail est parue en mai, juin derniers, avec son lot de modifications... et, ça continue, même si vous ne le voulez pas !
travailleur le 03/12/2008 à 14:17:20
La majorité des gens qui travaillent le dimanche sont obligés de le faire car leur salaire n'est pas à la hauteur.
A force de favoriser les emplois précaires et partiels, l'état est responsable de la situation.
C'est pour cela qu'ils sont divisés sur les décisions à prendre.
Dans une société où tout le monde a de quoi manger, de quoi se loger, de quoi avoir accès à l'éducation, la culture, les richesses, la question ne se pose pas... alors, on peut parler du "jour du seigneur", de droit au repos, de la volonté de gagner plus, le problème est global, la solution ne peut pas être simplement limité à cette question